Pourquoi le retour d’expatriation est une épreuve sous-estimée

Le retour d’expatriation est beaucoup trop sous-estimé. On prépare pendant des mois voire des années l’avant, on se fait accompagner pour ne rien oublier et tout anticiper, on imagine le pire pour être surpris par le positif etc. Puis on passe un long moment sur place à construire une nouvelle vie de zéro, totalement sur mesure pour nous.  Quand le moment du retour arrive, on n’est pas forcément content mais on n’imagine pas les défis qui nous attendent non plus. Discutons ici de pourquoi le retour est complètement sous-estimé, et pourquoi c’est si compliqué pour toi de te réadapter à ton ancienne vie !

Le retour n’est pas naturel

Ce n’est pas parce que tu reviens dans un endroit que tu connais que tout sera simple : au contraire. Si beaucoup de choses ont changé de ton côté : tu as affirmé tes goûts, ta personnalité, découvert des choses sur toi, évolué, etc., dans ton pays d’origine, les choses sont généralement restées les mêmes. C’est là que le choc intervient.

Non seulement tu es surpris de redécouvrir ta propre culture sous l’angle de la version actuelle de toi, mais en plus, tes proches restés dans ton pays d’origine ont souvent du mal à accepter ton évolution. On attend de toi exactement les mêmes choses qu’avant : il faut que tu retournes à la même place, dans le même moule.

Ta nouvelle identité internationale

C’est généralement à ton retour que tu te rends compte d’à quel point tu as changé, et d’à quel point tu es désormais en décalage avec tes proches ou les personnes que tu avais l’habitude de fréquenter. Tu as forcément été influencé par la culture de ton pays d’expatriation : cela t’a ouvert l’esprit, tu as peut-être aussi cultivé des amitiés avec d’autres expats internationaux, ce qui a encore plus forgé ta propre identité internationale.

Ton rapport au quotidien et aux relations a changé, tes priorités aussi et c’est totalement normal. L’expatriation est un accélérateur de croissance personnelle et de connaissance de soi, ce qui est génial ! Par contre, il faut que les autres puissent aussi te suivre et être alignés avec cette nouvelle version de toi.

La panique pour ton mental

Si, avant, ta zone de confort était dans ton pays d’origine, elle s’est désormais déplacée. Après des mois ou des années dans un autre pays, c’est lui qui te rassure et que tu connais. C’est lui qui est aligné sur qui tu es exactement maintenant et qui te correspond donc le mieux.

En plus, il a bien compris que tu avais réussi à t’installer dans un nouveau pays, donc reproduire la même chose dans un pays inconnu lui fait beaucoup moins peur. Il est habitué à être challengé au quotidien et il adore ! Se stimuler en découvrant régulièrement de nouvelles activités fait beaucoup de bien au mental.

Par contre, il n’a encore jamais fait l’expérience de retourner dans ton ancien pays. En plus, au fur et à mesure de ton expatriation, tu as pris du recul dessus. Tu t’es rendu·e compte de toutes les choses qui ne te correspondaient en fait pas du tout, sauf que tu avais trop le nez dedans pour t’en rendre compte. Maintenant que tu as créé un quotidien sur mesure dans ton nouveau pays, ton mental a peur de rentrer.

L’incompréhension des autres

Souvent, s’expatrier déclenche auprès de notre entourage des réactions variées. Si certaines personnes se montrent très soutenantes et arrivent à comprendre les enjeux d’un tel changement de vie, d’autres ont du mal à faire preuve d’empathie.

Ces dernières se révèlent beaucoup lors de ton retour : elles agissent tout simplement comme si rien ne s’était passé. Elles ne vont pas ou très peu s’intéresser à l’aventure que tu viens de vivre et ne demandent qu’une chose : que tout redevienne comme avant, sans aucun changement. Sauf que souvent, la prise de recul sur ton pays d’origine s’accompagne aussi d’une nouvelle façon de voir ton entourage. Tu réalises souvent que ces personnes ne sont en fait plus très alignées sur la personne que tu es devenu·e.

Pour peu que le pays d’expatriation puisse faire envie ou diviser, les réactions sont souvent encore plus contrastées. Il est très commun de recevoir des piques teintées de jugement (ou de jalousie) au retour, ce qui rend cette période de transition encore plus difficile.

La difficulté d’en parler

Pour faire le deuil de ton expatriation le plus sainement possible, il est idéal d’en parler. De pouvoir non seulement raconter ce qui s’est passé sur place, partager des souvenirs mais aussi te confier sur ce que tu ressens maintenant. Sauf que trouver une oreille attentive et compréhensive est souvent plus compliqué que prévu.

L’entourage dont on parlait juste au-dessus n’est pas ouvert à ce type d’échange car il ne saura pas être neutre dans sa réponse. Ces personnes vont typiquement permettre une discussion à propos de l’expatriation, une fois : la première fois que vous vous revoyez, et c’est fini, elles passent à autre chose. Comme si c’était si facile !

C’est sûr qu’avoir une discussion qui peut déclencher des émotions peut s’avérer être challengeant pour certaines personnes qui ne savent pas comment réagir. Mais c’est parce qu’elles se mettent trop de pression et tentent de se positionner en Sauveur qui saura résoudre toutes tes problématiques.

Petit guide pour interagir le mieux possible avec une personne qui rentre d’expatriation :

  • Demande-lui comment ça va réellement, et ce, à chaque fois que vous vous voyez. La personne qui rentre a besoin de temps pour se réadapter, et parfois beaucoup plus que tu ne le penses
  • Pose-lui régulièrement des questions sur son ancienne vie : la personne qui rentre ne veut pas se vanter, elle veut juste avoir une opportunité de partager ses souvenirs avec des personnes qui n’étaient pas là
  • Lorsqu’elle aborde son ancienne vie, creuse le sujet : pose des questions pour faire durer la conversation, pour montrer que tu t’y intéresses.
  • Ne te mets pas la pression pour essayer de lui proposer des solutions : la personne n’en veut pas ou si vraiment elle considère que c’est ton rôle de l’aider, elle te le demandera. Si la situation n’est pas claire pour toi, demande-lui : « Comment puis-je t’aider avec ta situation en ce moment ? Souhaites-tu que je te change les idées ? Qu’on discute beaucoup de ton ancienne vie ? ».
  • Ne juge pas la personne qui rentre lorsqu’elle parle régulièrement de son ancienne vie. Tous ses repères étaient là-bas ces derniers mois ou années et elle n’a pas encore complètement atterri ici, même après des mois. Il s’agit d’un réel processus de deuil dont la durée est différente pour tout le monde.

Si toi aussi tu viens de rentrer d’expatriation et que c’est compliqué, n’hésite pas à te faire accompagner pour avoir un réel espace de parole consacré à ce sujet. Il est important de ne pas enfouir toutes ces émotions sous le tapis car elles risquent de revenir au moment le moins opportun.

En thérapie on travaille non seulement le deuil de ton ancienne vie, la découverte de ta nouvelle identité internationale et comment la transférer dans ton nouveau quotidien, mais aussi les problématiques que tu peux rencontrer actuellement comme la solitude, gérer les relations avec tes proches, te réapproprier ton quotidien etc.

Réserve ton RDV ici si tu sens que ça te ferait du bien, hâte de pouvoir t’aider 😊

Hello, moi c’est Sonia !

Je suis thérapeute pour Expatrié·es et Nomades et je t’accompagne avant, pendant et après ton expatriation dans ton épanouissement quotidien.