MES CHOCS CULTURELS AVEC BERLIN (PARTIE 1)

Hello ! Si tu es nouvelle ou nouveau ici, laisse-moi te remettre dans le contexte : je suis en « semi-expatriation » à Berlin depuis maintenant 3 ans. J’ai suivi mon copain berlinois ici car lui n’a pas la chance de travailler en ligne. J’y suis allée sans réfléchir et sans imaginer les chocs culturels que j’allais rencontrer avec Berlin.

Pourquoi semi-expatriation du coup ? Parce que je ne suis à Berlin que la moitié voire les 2/3 de mon temps. En effet, ma relation avec Berlin et l’Allemagne en général est un peu compliquée (je t’explique pourquoi juste après) et j’ai besoin de respirer le bon air parfumé des boulangeries françaises avant de retourner dans la grisaille allemande le mois suivant.

Bon je t’avoue aussi que je suis arrivée en Allemagne avec un trauma bien présent depuis de nombreuses années : j’avais pris Allemand LV2 pour traduire les chansons de mon groupe préféré de l’époque, Tokio Hotel. Je pensais que mes chances de me marier au chanteur Bill étaient très hautes (il allait forcément me repérer pendant leur concert à Bercy). Il était donc nécessaire que je puisse dialoguer avec lui dans sa langue natale. Malheureusement mon engouement pour ce groupe n’a duré qu’un an, et entre la 3e et mes études supérieures, j’ai dû subir la laideur de cette langue contre mon gré (en faisant zéro progrès en route).

Maintenant que tu as tout le contexte, laisse-moi donc te raconter mes chocs culturels avec Berlin et l’Allemagne, en tant que Française. Il y aura d’autres parties car j’en ai eu beaucoup haha :

Le décalage entre la vision de l’Allemagne qu’on a en France VS la réalité

En France on a une vision de l’Allemagne qui est en fait très erronée ! On imagine un pays qui fonctionne bien, axé sur la qualité, la technologie, l’ordre, la rigueur. La vie sur place est tout autre : presque tout est au format papier, les faxes sont d’ailleurs encore utilisés. Leur administration est PIRE que la nôtre et en plus ce n’est pas un peuple qui apprécie aider pour faire plaisir. Les maisons n’ont pas de bouche d’aération donc il faut aérer manuellement tous les jours si on veut de l’air frais (oui, même par -5 degrés en hiver) et question mode et déco ils sont bloqués sur les tendances d’il y a 10 ans (vivre le turquoise). Même leur rigueur les dessert : ils sont inflexibles sur beaucoup de points qui les empêchent de progresser.

Leur médecine n’est pas non plus très fiable, beaucoup de mes client.es expats en Allemagne ont eu de mauvaises expériences et essaient de retourner se faire soigner en France dans la mesure du possible. Ici les médecins sont anti-antibio et il faut se montrer ferme pour en avoir ! Par contre, ils distribuent des arrêts maladie à la pelle (il n’y a pas de jours de carence en Allemagne).

La grisaille et l’honnêteté des Allemands

Je me souviens avoir été choquée de la réaction des vendeurs quand j’osais leur demander de l’aide pour trouver un produit : un mix de dégoût et d’énervement. Et oui, en Allemagne, on ne fait pas semblant ! J’avais demandé à mon copain allemand pourquoi les caissières faisaient toutes des têtes de déterrés car en France elles sont plutôt souriantes et sympas. Il m’avait répondu : « Elle est caissière à Lidl, pourquoi elle sourirait ? ». Effectivement, je n’avais pas vu ça sous cet angle. J’avais eu plusieurs expériences similaires avec mon copain qui ne se privait pas de me dire quand il voulait changer le sujet de conversation quand il n’était pas intéressé. Depuis je lui ai appris la politesse/fausseté française.

Pareil quand on voit les gens dans les transports. On dit que les Parisiens font la tête mais ça n’a rien à voir avec les Allemands qui eux ont vraiment l’air de subir leur quotidien. Je trouve qu’ils ont beaucoup plus de similitudes avec certains pays de l’Est qu’avec nous. Je ne me suis jamais autant rendue compte d’à quel point on était latins et chaleureux en France.

Le désintérêt pour la bonne nourriture et leur amour pour la nourriture saine

Mon avis, c’est que les Allemands ne sont pas intéressés par la nourriture. Ou en tout cas, le goût de la nourriture. Ils veulent manger SAIN, peu importe à quel point ils doivent sacrifier le goût. Je le remarque aussi chez les enfants qui attendent (plus ou moins) sagement leurs parents à la box de Crossfit : 100% d’entre eux ont des snacks sains. Je n’en ai jamais vu aucun avec un petit gâteau sympa au chocolat.

En même temps le choix de gâteaux en supermarché ne donne vraiment pas envie. Je me souviens d’un « coup de folie » qu’on avait eu avec mon copain une fois à 22h, une envie de gâteaux tard le soir. On s’était précipités au supermarché et ma déception avait été de taille : RIEN ne me donnait envie. En effet, Lu n’existe pas, Bonne Maman non plus etc.

Les supermarchés sont d’ailleurs petits, tout simplement parce que leur nombre de références est très limité. Fun fact : ils ne connaissent pas le steak haché moulé !! J’ai appris maintenant à m’en satisfaire mais je t’avoue que je respire quand je retrouve mon Leclerc en France. D’ailleurs à chaque nouveau séjour à Berlin, je ramène de la nourriture de France. Je partage toujours ça en story sur Insta, alors si tu es curieux.se tu peux me follow !

De manière générale, ils ne sont pas du tout axés Recherche et Développement pour créer de nouveaux produits : les recettes sont basiques et rien n’est pensé pour améliorer la qualité des produits en termes de plaisir. J’avais eu cette révélation en allant à Picard en France (que j’adore et qui n’existe pas ici bien sûr) pendant la période des fêtes : la recherche mise en œuvre pour toutes leurs délicieuses recettes était incroyable et tout donnait envie. Je m’étais dit que ce n’était absolument pas dans la culture allemande de rechercher de la nouveauté pour améliorer le quotidien culinaire, ni le quotidien dans les autres aspects de la vie. Ils restent campés sur leurs positions et ne vont pas vers l’amélioration.

La laideur de Berlin

Mon dernier choc culturel de cet article, qui a en réalité été le premier et le plus fort de tous, est la laideur de la ville. J’ai visité pas mal de capitales européennes dans le Sud, le Nord et l’Est et de l’Europe mais rien ne pouvait me préparer à Berlin. Une ville immense (8 fois Paris.. !) et surtout, laide dans la plupart des quartiers.

On voit clairement que la guerre est passée par là et que la reconstruction a été rapide, sans se préoccuper de l’esthétisme de l’architecture. Seuls les quartiers qui n’ont pas été détruits sont parfois jolis. Certains immeubles sont peints en couleurs criardes de mauvais goût, comme un Notting Hill raté. Les restaurants aussi n’ont pas eu le mémo niveau beauté : à part les très récents qui font un effort, la plupart sont tristes et ternes.

Il n’y a pas de centre-ville à Berlin et à cause de sa taille, on ne peut pas atterrir au hasard n’importe où : les rues avec des restaurants et commerces sont rares (par rapport à sa superficie). Ce n’est pas une ville où on se promène sans but et où on tombe sur des rues mignonnes. Il faut savoir où on va sous peine de marcher dans des rues grises et sans intérêt tout l’après-midi.

À partir de ça, la ville a développé une esthétique particulière : des tags imposants un peu partout sur les immeubles, même sur les rares à l’architecture sympathique. Cela correspond très bien à la vibe très underground de la ville, mais ce n’est vraiment pas à mon goût.

Mon choc culturel avec Berlin a duré 8 mois et je suis fière de dire que maintenant j’apprécie Berlin pour ce qu’elle a à offrir (pas beaucoup du coup) et j’arrête d’espérer qu’elle se transforme en ce qu’elle n’est pas (une autre jolie capitale).

Hello, moi c’est Sonia ! 🌍

Je suis thérapeute en ligne pour Expatrié.es et Nomades. Je t’aide à surmonter les montagnes russes de ton quotidien, dans tous les aspects de ta vie avec un accompagnement sur mesure pour ta personnalité et ton mode de vie.